Le fait de recevoir une distinction a un double but. D’abord, reconnaître le mérite d’une personne durant un mandat ou une fonction particulière. Ensuite, faire connaître au plus grand nombre le service apporté à une communauté, et mettre en évidence l’homme ou la femme et les actions réalisées.
À partir de là, on découvre qu’une action effectuée au service des autres est officiellement reconnue. Cela évite que celui qui s’investit ne se sente ignoré. Le besoin de reconnaissance est normal : c’est une réaction naturelle de fierté, bien différente de l’orgueil.
Les personnes dont les noms vont apparaître ont donné du temps, des efforts et souvent beaucoup de sacrifices pour l’association mazamétaine, mais aussi pour le Comité du Tarn de judo ou la Ligue. C’est à la fois une source de satisfaction personnelle, et un témoignage de générosité envers les autres.
Le Judo Aïkido Mazamet, né en 1951 et déclaré officiellement en 1952, commémore en 2022 ses 70 ans de vie.

Durant onze ans à la présidence, puis comme membre actif jusqu’à son décès en 1998, André ADAM a énormément donné, souvent sur ses propres deniers, pour équiper et faire vivre l’association.
Ce n’est pourtant qu’en 1973 qu’il reçoit une première distinction : la Médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports. Dix ans plus tard, en 1983, il obtient la médaille d’Argent, puis en 1994 la médaille de Bronze de la Fédération, et enfin la Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports en 1997.

Son successeur, Roger OLAZABAL, œuvrera au sein du club et des instances départementales pendant trente ans à partir de 1963. Lui aussi devra patienter : il reçoit en 1984 la Médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports, les Palmes de Bronze de la Fédération en 1996, puis la Médaille d’Argent de la Jeunesse et des Sports en 1997.
Mais la vraie reconnaissance arrivera plus tard. Nul n’ayant oublié ce qu’il a représenté, la FFJDA lui décerne en 2021, lors d’une cérémonie solennelle en présence de nombreuses personnalités, les Palmes d’Or de la Fédération, à la demande du Comité du Tarn et avec l’appui très motivé du club mazamétain.

Jean-Luc LLOBREGAT, licencié au début des années 1990, s’investit très vite dans la vie du club. Secrétaire adjoint, puis trésorier, il officie aussi au sein du Comité du Tarn. Trente ans d’activité pour le club, plus de vingt ans pour le département.
Nos destins étant parallèles, nous recevrons lui et moi des distinctions très proches : en 2003, la Médaille de Bronze de la FFJDA. Puis, en 2013 pour moi et 2014 pour lui, la Médaille d’Argent. Enfin, la Médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports lui est remise en 2011, et en 2017 pour moi.
En 2016, le Trophée des Sports du Conseil départemental du Tarn m’est décerné, mettant à l’honneur le travail réalisé au service du club et du judo tarnais.
Deux autres membres de l’association sont également reconnus : Pierre DESMOULIN, qui reçoit en 2003 une lettre de félicitations fédérale pour son travail au secrétariat et son grand dévouement, et Grégory STAFFONI, enseignant principal en lice depuis 2008, distingué en 2019 par les Palmes de Bronze de la Fédération.

Le Judo Club de Mazamet reçoit aussi le Trophée du Comité du Tarn en 2012. Quand on fait le bilan de toutes ces distinctions, on a l’impression que c’est beaucoup. Pourtant, la grande majorité a été attribuée depuis les années 1990, et de nombreuses personnes auraient également mérité d’y figurer.
Beaucoup sont parties trop tôt pour être officiellement mises en avant. D’autres responsables en activité aujourd’hui n’ont pas encore été primés, mais ils ne sont pas oubliés. Les délais, les usages et les procédures rendent parfois les choses plus longues que l’on ne le souhaiterait.
On n’a jamais sollicité de distinction à titre personnel, mais on en a souvent réclamé pour les autres. On ne les a jamais refusées non plus, car toutes étaient méritées. Et si l’on en a fait état, ce n’est pas pour flatter des egos, mais pour assurer à tous ces récipiendaires une notoriété légitime, là où le silence les aurait lentement éloignés de la mémoire collective.
Ce n’est que justice de remettre au premier rang les pionniers comme André ADAM et Roger OLAZABAL, sans lesquels le judo ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui à Mazamet. Avec d’autres André et d’autres Roger, ils ont posé les fondations d’un judo français devenu, au fil du temps, un des géants mondiaux de la discipline.
